Mai 1940 — Une victoire éclair
Deuxième partie
Les préliminaires
Livre III — L’Allemagne
Ch. 10 — Le chef. Mein Kampf
« Madness, and there is no method in’t » : Mein Kampf tient en quelques obsessions — racisme, haine, lebensraum — auxquelles s’ajoute une lecture aberrante de la Grande Guerre. La politique étrangère de Hitler s’y trouve déjà tout entière, fondée sur la violence : « jeter le traité de Versailles dans une mer de flammes ardentes », « les frontières des États sont faites et modifiées par l’homme », alliance avec la Grande-Bretagne et l’Italie, admiration de la brutalité britannique, « la France toujours l’inexorable ennemi mortel » et « peuple de plus en plus négroïde » avec lequel « un règlement de comptes » est nécessaire.
Ch. 11 — L’Ostpolitik. L’URSS
Acquérir des terres en Russie, jugée « pourrie et dissoute, prête à l’effondrement » : « une alliance avec la Russie serait la fin de l’Allemagne ». Or le premier plan quinquennal soviétique de 1928 a déjà commencé à mécaniser et motoriser l’Armée rouge, à développer une aviation en plein essor, à doter les troupes de chars modernes et de doctrines hardies. La crise capitaliste contraste avec la croissance soviétique ; la coopération soviéto-américaine accélère l’industrialisation. Staline modernise l’industrie — et pose les bases de la victoire de l’Armée rouge sur des matières premières illimitées.
Ch. 12 — Les failles du « raisonnement » de Hitler
Sa politique étrangère est en réalité un plan de guerre, mais celui d’un homme ignorant de l’art militaire : celui d’un flambeur qui a pris la mauvaise voie. Il s’assigne deux centres de gravité, deux grands empires à conquérir — alors qu’aucun État ne doit admettre que son destin dépende d’une seule bataille, et qu’une défaite n’est jamais définitive. Hitler commet la faute de Bonaparte.
Ch. 13 — Hitler met en œuvre son programme
« Führer und Reichskanzler » : il veut les pleins pouvoirs et modifie la Constitution. Réarmement subreptice, Versailles jeté aux flammes, rétablissement du service militaire et création de la Luftwaffe en 1935, traité naval avec la Grande-Bretagne, alliances avec l’Italie et le Japon, annexion de l’Autriche, démantèlement puis absorption de la Tchécoslovaquie tout entière. Mais l’outil n’est prêt que pour une guerre courte — suicide annoncé par Chauvineau.
Livre IV — Les Alliés
Ch. 14 — La fin de l’Entente cordiale
« Splendid isolation » et incompréhension de l’intérêt d’une alliance française : Chauvineau expose les avantages d’une véritable alliance franco-britannique pour les deux pays, et critique sévèrement la politique étrangère et militaire britannique. Il rappelle le moment où l’on aurait pu arrêter Hitler sans une guerre.
Ch. 15 — La désastreuse politique étrangère et militaire britannique. La France toute seule
Les conséquences du rétablissement du service militaire allemand n’ont pas été comprises ; la « guerre de mouvement » menée par de petites armées de métier devient impossible. Le traité naval anglo-allemand est néfaste, la violation brutale et unilatérale du traité de Versailles renforce le prestige de Hitler à l’étranger. La distinction entre guerres à but limité et guerres en vue de la destruction totale de l’ennemi devient capitale. La responsabilité britannique dans la Deuxième Guerre mondiale est immense, tandis que la France se retrouve, comme en 1919, toute seule. Il faut « bâtir une sécurité nouvelle » — malgré l’imbécillité monumentale du général Maurin.
Ch. 16 — Un bel après-midi en 1938
L’Anschluss, puis Munich, puis la trahison française. Inquiétude à Moscou. L’origine de la guerre soviéto-finlandaise de 1939-1940 est ici : Staline-Ribbentrop est la conséquence directe de Hitler-Chamberlain-Daladier.
Ch. 17 — La Pologne. « Une steppe inhabitée »
Description peu enthousiaste de la Pologne par Clausewitz : « une pomme de discorde entre ses voisins », « une vie politique dissolue », « incapable d’organiser sa défense ». 1795 marque la fin de son existence. Malgré la sympathie qu’elle suscite en France, l’alliance avec le tsar a toujours été plus importante. Et la Pologne demeure une steppe sans défense.
Ch. 18 — L’Entente cordiale ressuscitée
Les Britanniques deviennent anti-allemands. La Kristallnacht, puis une rumeur infondée, ressuscitent l’Entente cordiale. Hitler commet une faute grave en entrant à Prague : les conversations militaires anglo-françaises s’ouvrent enfin, et la Grande-Bretagne rétablit son service militaire.
Ch. 19 — 1939. Le prétexte : Dantzig
Hitler veut libérer encore plus d’Allemands ; Dantzig n’est qu’un prétexte. Négociations polono-allemandes, plan de guerre allemand, garantie alliée à la Pologne. La délégation militaire alliée part pour Moscou : Doumenc et « Old Plunk » discutent dans une situation que Moscou voit avec une lucidité que Paris et Londres se refusent.
Ch. 20 — L’étrange été
À partir de juin, mobilisation en Allemagne. Avertissements de Coulondre, qui part en vacances. Célébration du cent-cinquantenaire de la Révolution, cinquantenaire de la tour Eiffel, garden-parties, Tour de France, vacances d’été : la France vit son « étrange été » tandis que se met en place la première phase de la mobilisation et que Bonnet manœuvre pour un nouveau « Munich ».
Ch. 21 — Un faux début
« La mobilisation, c’est la paix » : contre-attaquer à l’ouest, éliminer l’Italie ? Comment justifier la « drôle de guerre » ? La note du Deuxième Bureau, la possibilité d’une offensive alliée, l’art de faire la guerre en évitant de la faire : deux erreurs d’appréciation contradictoires aboutissent à un plan de guerre catastrophique — celui qui sera mis à l’épreuve en mai 1940.