Mai 1940 — Une victoire éclair
Troisième partie
La genèse des plans de guerre
Livre V — Le plan de guerre allié : la Belgique sera le champ de bataille
Ch. 22 — Le spectre de M. le comte de Schlieffen plane sur Vincennes
Le plan Schlieffen de 1914 était impossible. Mais « anticiper sur une attaque brusquée par des blindés et l’aviation » à travers les Ardennes redevient envisageable : un contournement stratégique est devenu possible. La Belgique se débarrasse de ses obligations vis-à-vis de la France — décision justifiée. La Hollande, elle, est laissée à elle-même. Pas de « plan B » : uniquement le plan D. Sun Tzu, Clausewitz et Chauvineau sont pourtant unanimes — il faut se défendre sur son propre sol.
Ch. 23 — Les plans E, D et A. Leurs failles communes
Reposer tout son salut sur des fleuves ; absence de réserve stratégique, de concentration des forces, de position en profondeur ; ignorance d’une donnée capitale, la supériorité de la défensive ; obligation de marcher sous le canon ennemi. Tels sont les défauts partagés par les trois plans envisagés.
Ch. 24 — Faut-il pénétrer en Belgique ? Les « Low Countries »
Conversations militaires interalliées : l’hypothèse d’une attaque des seuls Pays-Bas est invraisemblable. « The Low Countries » ne sont pas les Pays-Bas. Un accord préalable avec le gouvernement belge serait indispensable. Le plan E (Escaut) apparaît, censé permettre « une attaque brusquée et une exploitation profonde » et éviter une bataille de rencontre dans des positions non préparées.
Ch. 25 — La (dés)organisation alliée. Aller en Belgique quand et où ?
Mauvaise coordination du coordinateur. Une lettre perfide de Gamelin ; au Conseil suprême interallié, le guérillero Gamelin se fait connaître. Les Britanniques rejettent le plan E. Churchill : « laissons les Belges en tête à tête avec le fauve ». Avancer en Belgique à la rencontre des Allemands devrait être exclu : c’est le plan A (Albert) qui apparaît.
Ch. 26 — Octobre. L’apparition du plan D
On va en Hollande. Courage et abnégation du général Deslaurens et de son escouade de braves. « On ne peut rien pour la Hollande. Elle ne tiendrait pas » : la décision est présentée aux Britanniques.
Ch. 27 — Le 17 novembre : le Conseil suprême interallié adopte la note de Gamelin, comportant le plan D
La note de Gamelin du 16 novembre est adoptée sans discussion. Poignée de main d’adieu à la Hollande. Daladier s’en prend à la Belgique et à « sa neutralité égoïste » ; il évoque « un effort désespéré ». L’instruction du général Georges et les failles du plan Gamelin sont mises en lumière.
Ch. 28 — Intermède néerlandais. La variante Breda
Les Hollandais découvrent l’Instruction personnelle et secrète n° 8 de Gamelin. Gamelin veut aller à Breda et formule sa « suggestion ». Refus belge et néerlandais ; faiblesse de la position Peel-Raam ; confusion à La Haye ; le commandant en chef est limogé.
Ch. 29 — Les événements de décembre 1939 à avril 1940
Un flot de réfugiés. La situation militaire en Belgique, « un effort allemand secondaire aux Ardennes le plus probable » ; l’incident de Maasmechelen ; Georges ne veut plus aller en Belgique ; la stratégie « supérieure » de Gamelin ; pas de coopération hollando-belge ; Gamelin va refaire la Grande Guerre.
Ch. 30 — La variante Breda officielle
IPS n° 11 de Gamelin. Les défenses belges. Entretien Gamelin-attaché militaire néerlandais. Note du commandant en chef néerlandais : la position Peel-Raam ne sera pas défendue. Coup mortel à la variante Breda. Gamelin persiste.
Ch. 31 — Les derniers soubresauts. On va envahir la Belgique !
Georges s’inquiète, Gamelin s’obstine : « on va en Belgique de toutes façons ». Trois réunions du Conseil suprême interallié. On va envahir la Norvège. « Quoi qu’il arrive, on va envahir la Belgique ».
Ch. 32 — La Belgique entièrement détruite
Si les Alliés avaient réussi à « endiguer » l’ennemi en Belgique, Anvers, Louvain, Gembloux et Namur seraient tombées en ruine. « Lille, Roubaix, Tourcoing épargnées » : c’est ce que recouvrait, sans le dire, la stratégie alliée.
Ch. 33 — La Meuse
Gamelin ne s’en occupe pas. Front, mais aussi couverture du flanc droit du corps de bataille, « solidement » — à raison d’une division sur 15 km ! La topographie du fleuve, les 9e et 2e Armées, une position sans profondeur en France, la manœuvre de la cavalerie, l’absence de coopération avec les Belges, l’absence de destructions préparées en France : tout est en place pour le désastre.
Ch. 34 — Une tombe en forêt
Les « maisons fortes », hérésie militaire. Le rapport Taittinger. Un mélo de Julien Gracq. La vérité émouvante. Jugement impitoyable : stupidité, lâcheté, égoïsme.
Livre VI — Le plan de guerre allemand Fall Gelb. Le plan Clausewitz
Ch. 35 — La Gleichschaltung de l’armée. Le General-Feldmarschall et la putain
Mademoiselle Erna Gruhn. Le journal de Jodl. Götterdämmerung. Hitler généralissime, le 4 février 1938. Brauchitsch commandant de l’armée de terre, Göring de la Luftwaffe. Halder devient chef d’état-major, Manstein est renvoyé dans la troupe.
Ch. 36 — L’organisation allemande en 1939
L’OKW et l’OKH. Hitler tranche, mais la paternité réelle de ses décisions reste largement inconnue du grand public.
Ch. 37 — La réalisation d’un plan de campagne
Le travail d’un état-major : long, méthodique, collectif. Jodl cite Clausewitz en prison. Ignorance du grand public à l’égard de ce travail : c’est dans ce vide d’information que Manstein écrira plus tard sa « belle histoire », devenue légende et qui plaît au grand public.
Ch. 38 — Les directives n° 1, 2 et 6 de l’OKW et celle du 17 septembre de l’OKH
Annotations après la guerre par Nehring. Début de l’offensive contre la Pologne le 1er septembre 1939, à 4 h 45. Hitler veut l’offensive tout de suite. 9 octobre 1939 : directive n° 6. Offensive d’un but limité prévue pour le 25 novembre 1939.
Ch. 39 — Le mémorandum de Leeb, 11 octobre 1939
Graves inquiétudes. Surestimation des Français. Deux centres de gravité ennemis. Peur des Soviétiques. Pertes en Pologne très mal supportées. Profond désir de paix par le peuple entier. Avantages d’attendre.
Ch. 40 — Fall Gelb I — 19-29 octobre 1939
Le dispositif ennemi. Action contre un flanc selon Clausewitz. Éliminer les Néerlandais. S’emparer de la côte belge. Couvrir contre une attaque française. But limité. Rapidité. La directive est puisée directement dans Clausewitz.
Ch. 41 — Fall Gelb II — 29 octobre 1939 - 30 janvier 1940. Centre de gravité plus au sud. Boulogne ou Abbeville ?
Nouveau dispositif allié, plan d’attaque tout neuf. Offensive à but décisif : détruire les forces alliées au nord de la Somme, foncer jusqu’à la côte de la Manche.
Ch. 42 — Liddell Hart et la légende Manstein. Leurs mensonges
Manstein et ses « Victoires perdues ». Liddell Hart et ses volte-faces. Description caricaturale de la campagne de 1940. Connivence avec Guderian, « son élève ». Mensonges de Manstein, contre-vérités dans l’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale de Liddell Hart, haine de Rundstedt et de Manstein envers Brauchitsch.
Ch. 47 — Kriegsspiele. Guderian, Chauvineau et Clausewitz unanimes
« À vive allure, avec un fort appui de chars, sans artillerie » : Chauvineau, Guderian et Clausewitz (ce dernier sans chars) tombent d’accord. Ou méthodiquement avec de l’artillerie lourde, à la française. Le premier jour ou le cinquième ? Hitler réfléchit.
Ch. 54 — Fall Gelb IV selon Sun Tzu, le véritable auteur
Son plan, son exécution, son « Halt-Befehl ». La vitesse, essence même de la guerre. La concentration des forces. Le contournement stratégique des Ardennes. La continuité avec les principes énoncés vingt-quatre siècles plus tôt. Là où la légende voit un trait de génie, on voit un classique.