Mai 1940 — Une victoire éclair
Le livre
Un blitzsieg sans blitzkrieg
La thèse
La campagne de mai-juin 1940 a longtemps été présentée comme la démonstration éclatante d’une stratégie révolutionnaire, le Blitzkrieg, opposée à l’immobilisme français. Le présent ouvrage soutient au contraire que cette victoire allemande relève de principes stratégiques déjà énoncés par Sun Tzu vingt-quatre siècles plus tôt et systématisés par Clausewitz : rapidité, concentration, contournement, exploitation d’un flanc.
Le mot Blitzkrieg n’est qu’un mot de comptoir. Il n’y a ni doctrine nouvelle, ni « binôme char-avion » miraculeux, ni génie spontané du général von Manstein. Il y a un plan classique, conçu par l’état-major allemand, exécuté contre une stratégie française qui avait été annoncée en 1939 par le général Chauvineau comme catastrophique.
Le général Chauvineau
Le général Louis Chauvineau, professeur de fortification à l’École supérieure de guerre, publie en 1939 « Une invasion est-elle encore possible ? », préfacé par Pétain. Sa réponse est « oui » : il juge l’armée française incapable de défendre le territoire, demande la concentration de tous les chars dans une seule armée et une aviation forte, et préconise d’ouvrir les hostilités par une offensive aérienne puissante.
La préface de Pétain contredit la thèse du livre ; elle tronque, ampute et falsifie les positions de l’auteur. Le livre de De Gaulle, romantique sur le char, est lui aussi contraire aux conceptions de Guderian et de Chauvineau. Marc Bloch lui-même n’a peut-être pas lu Chauvineau jusqu’au bout.
Structure de l’ouvrage
L’ouvrage est divisé en cinq parties. Les trois premières sont accessibles en intégralité sur ce site :
- Première partie — quelques précisions terminologiques (guerre totale, front continu, Blitzkrieg) puis l’analyse du livre de Chauvineau et des erreurs de l’après-guerre.
- Deuxième partie — les préliminaires : l’Allemagne et son chef (Mein Kampf, Ostpolitik, mise en œuvre du programme), puis les Alliés (fin et résurrection de l’Entente cordiale, Munich, Dantzig, l’étrange été).
- Troisième partie — la genèse des plans de guerre : le plan allié qui choisit la Belgique comme champ de bataille, et le plan allemand Fall Gelb dans ses quatre versions successives.
- Quatrième partie — Les armes (Livres VII à IX, chapitres 55 à 87) : les airs, le plancher des vaches, les armes combinées.
- Cinquième partie — La campagne (Livres X et XI) : le déroulement jour par jour de la campagne de mai-juin 1940, illustré par les cartes dressées chaque soir par le quartier général.
Pour le détail chapitre par chapitre, voir la table des matières. Pour un résumé argumenté de chaque chapitre, voir le sommaire.
Sources et méthode
L’ouvrage s’appuie sur les écrits classiques de la stratégie (Sun Tzu, Clausewitz, Bonaparte), sur le livre de Chauvineau lui-même, sur les directives de l’OKW et de l’OKH, sur les notes et instructions personnelles de Gamelin, sur les comptes rendus du Conseil suprême interallié, et sur les mémoires des principaux acteurs — lus avec une défiance assumée à l’égard des reconstructions ex post (Manstein, Liddell Hart).
Le travail est aussi un exercice de critique des sources : citations hors contexte, citations amputées, citations tronquées, parjures de témoins, légendes universellement admises mais reposant sur un seul livre — tout est confronté aux directives, aux notes contemporaines et aux cartes.
L’auteur
Eric van den Bergh travaille depuis plusieurs décennies sur la campagne de 1940, sur Chauvineau, et sur la critique des mémoires de Manstein et de l’Histoire de la Deuxième Guerre mondiale de Liddell Hart. Il publie ses notes en français et en néerlandais sur deux blogs auxquels renvoie la page d’accueil.
Pour commencer la lecture, accédez à la première partie.